1-1 Notre Philosophie

Philosophie de l’esprit et d’un corps en mouvement :

Art de l’esquive et de l’esquisse, de l’équilibre et de son contraire, nous nous projetons en son sein de manière éperdue afin de tracer des lignes (courbes) de vie dignes de cet héritage, bousculant nos conforts, nos acquis, nos perceptions établies….. modelant au quotidien notre corps et notre esprit, dans un bain de conscience et de détermination, face à un monde en perpétuelle mouvement , qui sans relâche nous pousse au banc de la révolte ou de la soumission.

Un regard d’ailleurs nous soufflant ses vérités, non sans peine, ouvrant notre âme à une spiritualité jusqu’ici refoulée…. Fendant de toutes parts nos préjugés archaïques et nos intentions les plus basses. Nous infligeant ce coup salvateur, en nous libérant de nos vieux poncifs racistes. Ce regard qui nous regarde, nous scrute, nous met à nue, pour enfin nous interroger sur notre condition : une condition de privilégiée.

Un cri de liberté, qui est résistance, combat, force d’un peuple projeté au rang de sous homme. Homme méprisé, battue, humilié, spolié, « esclavagisé »…. mais debout, portant en son âme toute l’humanité… car il est cette humanité, pourvoyeur et défenseur de l’universalisme.

Une mise en danger, physique et morale, en faisant front à l’incompréhension, l’ignorance, et l’arrogance de gens plantés dans leur immobilité et ne voulant en rien s’en décrocher.

Un sentiment, souffle d’émotions contrastées pleines de sens et de fondements, relevant chaque interstice de notre corps, bouleversant ces limites que l’on s’impose dans cette course effrénée au paraître. Un sentiment auquel on s’attache pour ne plus jamais s’en défaire.

Une arme de raison et déraison face à l’adversité, au danger, au péril de sa vie, en portant l’esquive salvatrice ou le coup pour en finir, pour tuer…. Une arme de combat.

Une danse pour supplanter le combat, pour l’expression d’un cri sourd et profond d’une humanité refoulée, pour l’affirmation de sois et des siens partis ou présents, pour façonner son quotidien afin de ne plus le subir. Une danse où les enjeux sont multiples et variés mais toujours existentiels.

Une réponse du corps, prolongement de l’esprit, à ses questionnements ou à ceux de son partenaire, son adversaire, à nous d’en décider, mais sachons que seul le moment en décidera. Une réponse vive, intuitive, élaborée, héritée d’un passé où le corps et l’esprit furent plongés dans un mutisme forcé.

Une « ancestralité » faisant le lien avec ceux ayant fait l’ultime voyage. Nous donnant la force de tenir. Nos seuls juges face à qui , nos tromperies , nos ruses n’ont aucune emprise. Un ralliement à l’irréel dans cette nécessité de continuité au sein de l’héritage de nos pères…

Nous y voilà donc ….

Une approche qui peut paraître déconcertante,mais qui nous est essentielle dans notre processus de conscientisation, d’apprentissage et de diffusion de cette leçon de vie…

Honneur, Respect et Dignité sont les résonances de cette lutte de résistance libératrice, fédératrice, enfin formatrice d’un homme, que nous avons dit debout, allant de l’avant, et fort de racines africaines immuables …

Auteur jocelyn chaubo

LA RODA:

« Au son du Berimbau et des chants, les deux Capoeiristes, dans un ballet harmonieux, défient les lois de l’apesanteur. Ils se plient, se tordent sans jamais se rompre. Dans un jeu périlleux, de plus en plus soutenu, il joue la capoeira…Soudain un cri strident, celui du maître, interrompt le jeu, c’est alors que les deux amis se retrouvent aux pied du des instruments et se saluent… »

Enjeux multiples, ceux d’une société en quête d’avenirs meilleurs.

Théâtre de jeu, où l’expression corporelle, l’agilité, la ruse, supplantent la force brute face à l’adversité.

Symbolique Africaine d’égalité, d’unité, de partage, de mixité.

Symbolique d’un espace réduit, dans lequel on se doit d’évoluer mais surtout transcender afin de tirer au mieux ses capacités à résister, à agir, pour enfin transformer son quotidien.

« Cercle sans début ni fin, où chaque élément est nécessaire à l’unité du tout, où le temps n’est plus, où les codes ne sont pas là pour enfermer mais permettre l’expression de chacun.

A l’intérieur de ce cercle, une aire dans laquelle deux êtres en mouvement harmonieux et presque dansant, dans un dialogue corporel, expriment la pensée du corps au son de la musique et des chants.

Expérience à chaque fois unique, comme une vie qui s’écoule, où l’on se doit d’être totalement présent au risque sinon d’être attrapé. Esquiver, aller où il y a le vide et inventer pour continuer la lutte et puiser la force de vie a travers l’énergie des sons, de la musique, des chants.

La roda est le centre du monde, une micro société, dans laquelle l’homme se construit, poussé par l’affirmation d’une identité africaine et engagé dans un processus émancipateur. »

Procédé organique, laboratoire de vie, qui se nourrit de la participation, de l’engagement de tout à chacun, en reléguant les poncifs discriminatoires au rang de la bêtise humaine.

Préservation d’une certaine « Ancestralité » africaine par l’évocation des chants, de la musique, de sa gestuelle, au travers d’une spiritualité engagée dans le maintien de ces liens ancestraux.

A la fois représentatifs de l’immensité du monde et également de cette privation de l’espace vital dans laquelle ont été plongé ces populations dépossédées de leurs droits fondamentaux.

« La Roda lieu de résistance des esclaves Noirs où s’exprime la liberté des corps improvisant au rythme de la musique et en fonction des questions-réponses de l’autre. L’improvisation comme moyen de résistance et de lutte contre le pouvoir blanc dominateur qui enferme les corps et les esprits ; improvisation au cœur de chaque mouvement comme expression d’une possibilité nouvelle d’existence pour sortir de la servitude d’une société. Mais aussi improvisation pour affirmer l’indépendance de ses actes ; improvisation comme acte de courage et d’affirmation de sa personnalité. »

Chuter et se relever dans la roda, c’est apprendre à encaisser les coups durs, se préparer à une certaine réalité, celle de la vie.

Un défi où l’enjeu n’est pas de terrasser son compagnon, mais de dépasser ses propres limites, sans jamais se vider de sa propre essence. Une notion qui vit ces derniers jours, face à une pratique que l’on nommera que trop corporative, car le véritable défi passe par la rencontre au pied du berimbau d’adversaires que vous rencontrez pour la première fois.

« La Roda, une scène où le corps et l’esprit se libèrent de toute forme d’aliénation et où l’on cultive sa bonne humeur, sa joie en conscience des côtés les plus obscurs, les plus cruels et barbares de l’homme et de la société, une société conçue par et pour les blancs.

Une scène où chacun développe et exprime sa « mandinga » ou malice, art de feindre, de tromper, de jouer, de se jouer de l’autre. Elle est un piège ; elle est une arme ; elle est une force qui permet de s’échapper des carcans qui nous enferment ; elle est sourire et rire. Elle est capoeira. »

Un Travail élaboré, auquel on s’attache avec toute la sincérité possible, afin de perpétuer ce processus de construction qui se veut l’héritage d’un passé lourd de conséquences.

Il ne s’agit pas que d’un simple moment festif, encore une fois par le chant, par la musique, nous commandons ces énergies bienfaitrices envoyées par nos pairs. Certains appellent cela «religiosité » et nous nous en accorderons, car qu’est-ce qu’une croyance en des énergies capables de modeler notre quotidien, notre futur,si ce n’est « religiosité », la roda en étant son espace théâtral.

« La Roda… un monde où improvisation et humour sont moyens d’action, outils de résistance pour une affirmation de soi, de son être ; un espace qui nous prépare, qui nous aide à affronter debout un monde où l’oppression, l’injustice et l’exploitation dominent. Un espace qui nous montre qu’un autrement est possible. »

Une leçon d’humilité, dans cette symbolique du joueur agenouillé au pied du Berimbau démontrant le respect qu’il se doit aux codes, où l’importance n’est pas le simple acte de bravoure mais de se faire accepter par l’ensemble, car générer la peur est une chose, mais générer le respect en est une autre.

LA RODA DE CAPOIERA EST UN PIEGE AUX ILLUSIONS ET AUX DESILLUSIONS ….

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