Envie de discuter, coup de gueule blabla on est là!!!

LE 25/04/2008

LETTRE OUVERTE A CAPOEIRA FRANCE

«  »Un pays à construire : une présentation de l’esclavage au Brésil.

Le 27 avril 1848 , aprés un long travail des abolitionnistes, la Seconde République naissante interdit définitivement l’esclavage dans les colonies françaises. Il faut attendre quarante ans et la Lei Aurea du 10 mai 1888, pour voir le Brésil abolir l’esclavage à son tour, il sera d’ailleurs le dernier empire colonial à l’accepter. En cette période de commémoration, Capoeira-france souhaite par une série d’articles retracer ou esquisser, car le sujet est vaste, les conditions de la déportation et de l’esclavage : la traite négrière et l’importance de l’esclavage dans les exploitations agricoles puis le temps de la résistance et les conditions de l’abolition au brésil.

Cette histoire et sa mémoire restent les racines de la capoeira et ceci malgré ses nombreuses évolutions. Elle y puise entre autres, au-delà de ses mouvements et de ses chants, deux valeurs essentielles : la résistance et la nécessité du divertissement. » »

suite de l’article sur le lien: http://www.capoeira-france.com/Articles/articles.php3?action=voir_article&article_id=75

NOTRE REPONSE
C’est avec indignation que j’ai découvert votre article faisant le lien entre la prochaine commémoration du 10 mai 2008 et l’histoire de l’esclavage au brésil. Même si j’approuve la démarche, qui est celle de vouloir sensibiliser, partager cette mémoire commune au plus grand nombre et plus spécifiquement au visiteur de votre site.
Je suis outré des termes employés dans votre article. Je vous invite grandement à faire preuve de plus de justesse et de dignité dans les rédactions à venir. Il semblerait que tout soit permis dans le traitement de la mémoire de la déportation des noirs et de leur mise en esclavage. Si tout est interprétation et sensibilité, nous devons à ce devoir de mémoire la plus grande sincérité … L’histoire se devant d’être écrite mais pas réécrite.

Votre titre porte d’emblée à confusion, sur le bien fondé ou non de la mise en esclavage d’une partie de l’humanité pour la construction d’un Pays. J’y vois deux doubles sens : le noir pas sa mise en servitude aurait contribué à la construction de ce pays. Idée au premier abord très noble mais qui dans l’inconscient réveille des schémas bien instruit tels que la justification de l’esclavage… Enfin la notion de « pays » dans notre conception de la démocratie, nous pousse à bannir les faits d’armes, d’insoumissions, de révoltes, de résistances enfin de révolutions, des peuples noirs, au rang de la contre production à « la création du pays ».
Cette idée se retrouve très rapidement confortée dans votre article, par cette pensée très répandue, que la fin de l’esclavage et de ses traites fut le simple fait de nos chers abolitionnistes. Une manière encore très paternaliste de présenter l’histoire.

Enfin pour clore, dans votre introduction vous n’y allez pas de main morte pour vous « attaquer » à la Capoeira, un des emblèmes et actes de foi de la résistance du peuple africain et de sa diaspora, pour le reléguer au simple rang du divertissement.
Et voila le tour est joué, d’une initiative qui à la base semble se vouloir positive, nous tombons dans le pittoresque voire le ridicule.
En ces jours de négritude forcée pour la France, il serait grand temps d’arrêter cette falsification de l’histoire. Pour le bien être de tous, dans le respect de chacun et notamment de ceux qui portent dans leur chair les traces indélébiles d’une œuvre que je qualifierais d’inhumaine.

Dans l’espoir que vous aurez le courage de publier mon texte sur votre site, je joins à ma lettre des réactions de certains de mes élèves à votre article.
Cordialement
jocelyn chaubo alias professor carcara capoeira kolors.

Salut
A la première lecture c’est le dernier mot qui me choque: nécessité du divertissement. Le divertissement comme valeur essentielle de la Capoeira!?!
Définition du mot divertissement dans le dictionnaire = récréation, distraction passe temps, ce qui détourne momentanément de ce qui l’occupe.
Était ce une distraction pour les esclaves de pratiquer la capoeira? A moins que la capoeira est vue aujourd’hui comme un passe temps?
Le mot divertissement n’est pas approprié.
Et je trouve aussi qu’il serait intéressant pour le site ‘Capoeira-France’ de parler de ce sujet en France aussi car comme son nom l’indique il s’agit de la Capoeira en France. Faire le pont le passage de la Capoeira du Brésil à la France, c’est peut être ces histoires communes qui font que la Capoeira prend aussi sa place en France.

Nad’
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Je partage l’opinion de Nadège concernant le terme divertissement. Même si la capoeira est aussi un divertissement, cela ne me paraît pas en être une valeur essentielle, surtout si on n’en présente que deux. Pour moi, les valeurs essentielles de la capoeira, ce sont:
• la lutte de libération des esclaves, et plus largement la lutte intemporelle de l’être humain contre l’exploitation de l’homme par l’homme, qui n’a jamais cessé.. Donc la résistance à l’injustice, à l’exploitation
• le lien spirituel, cosmique: le lien avec les ancêtres (et je n’ai pas besoin d’être descendante d’esclave pour considérer qu’il s’agit aussi de mes ancêtres), avec le sacré, avec les hommes d’autres temps et d’autres cultures
• et bien sûr le partage, ce lien qui ne traverse pas seulement le temps et l’espace, mais aussi qui décloisonne nos propres murs, sociaux, politiques, psychologiques… Ce qui fait que nous formons un groupe, une famille, alors que sans la capoeira, nous ne nous serions peut-être jamais rencontrés, et ce serait tellement dommage..
Axé camara
Annick
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Bonjour a tous…
Je viens de voir l article de Capoeira france…je n ai pas vraiment d autre choses a rajouter a ce que Nadege et Annick on ecrit, je crois que c est l essentiel et que c est assez justement formulé. Je dirai juste en ce qui me concerne, pour rejoindre ce que dit Annick qu effectivement il n est pas necessaire d etre descendant(e) d esclave par le sang pour se sentir comme étant leur descendant meme si ds mon cas sans pouvoir le verifier se doit etre le cas. A ce sujet, je dirais seulement que je prefere honorer mes ancetres du mieux que je puisse plutot que de participer a un systeme qui detruit l avenir de MES descendants, c est ce que je réponds en tt cas a ceux qui ne comprennent pas notre démarche qui se veut consciente.
Je ne vois pas pour ma part ou peu l aspect de divertissement dans la Capoeira, dans ce qui est ma pratique en tt cas.La capoeira a été et reste pour moi un moyen de prendre conscience de soi a differents niveaux (physiquement et plus interieurement);j entends la capoeira comme un « outil »(sans aucune notion pejorative et surtout pas diminutive) d accomplissement de soi a travers les autres et l energie commune produite tous ensemble; cet outil transformant l energie negative quotidienne en positivité.Par la la Capoeira devient subversive dans l environnement parisien, mais positivement subversive. On pourrait imaginer la devise d un punk capoeiriste: « Yes future ».
Enfin pour finir avec cette histoire de divertissement rappellons nous ce que nous disait Toto ts justement a propos du KA: on croit qu il s agit de fete, a notre époque en tt cas mais les rythmes du KA tout entrainants qu ils soient n appellaient vraiment pas a la fete ni au divertissement, a mon sens, idem pour la Capoeira.
A travers la Capoeira j ai touvé de quoi completer une partie de mon education que je n aurai pas trouvé ds ma famille par exemple.J ai pu, pour reprendre les mots de Paul, trouver de quoi « affuter la conscience ».
Voila ce qui me viens « a chaud », donc bien evidemment je ne marche pas du tout avec le mot divertissement ici!Dommage que ce soit le dit portail national de la capoeira qui propage ce type d idées et de notions!Voila!

AXE a tous plein de bonnes choses et soyez heureux!

Santiago
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une foi de plus nous remarquons que nous vivons dans une société de spectacle puisse que même quand le sérieux devrait avoir ca place il parle encore de divertissement et non de rassemblement autour d une cause: l épanouissement de l homme libre meme si nous n avons pas les chaines aux pieds mais plutôt au cerveau maintenant le respect n est pas présent surtout sachant qu il sont influant puisse qu il sont le plus gros site de france ou capoeiriste et non capoeiriste y lisent et communique donc que peut ce dire monsieur tout le monde quand il voit ça, et bien qu il va s amusé a la commémoration » encore un pas en arriéré vive la france !!!
bon pour les faute desolé mais j ai toujours été une brèle en orthographe

nems

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Posté le 27-04-2008 à 15:47:00

par ofinet

Dire que la capoeira était un divertissement c’est un parti pris historique. Dire que non, c’est un parti pris historique.
Mais je verse ni dans l’un ni dans l’autre, j’veux juste dire qu’avoir des partis pris c’est bien, mais dans les deux cas ces partis pris sont invérifiables et peuvent très vite devenir une reconstruction historique (involontaire).
Pour revenir à cette histoire de divertissement, est-ce que dans la roda vous ne rigolez pas, vous n’êtes pas joyeux, avec le sourire etc.. ? Et pour autant ce plaisir n’empêche pas le sérieux et l’action de mémoire, etc…
Ce que je veux dire c’est que l’essence même de la capoeira, ce sont ses antagonismes. On voit bien qu’on pas dire la capoeira c’est juste une danse, c’est juste un sport de combat, c’est juste un divertissement, c’est juste une chose sérieuse, c’est juste de la musique, c’est juste du jeu, c’est juste de la violence, c’est juste etc….
La capoeira c’est tout ça à la fois, et bien plus encore, et on peut encore et toujours lui ajouter des adjectifs, mais jamais on ne pourra lui donner UN adjectif caractéristique. Selon moi nier le côté divertissement c’est se voiler la face, et perdre une grande partie de l’essence de la capoeira.
Peut-être que les esclaves s’en servaient comme exutoire, comme une lutte de libération, comme une chose sérieuse. Mais pour autant ça n’exclue pas qu’elle ait pu être un divertissement pour oublier un peu le travail et la condition d’esclave, faire travailler son corps autrement qu’au travail, et se faire plaisir.

ofineth

Bahia bahia!

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carcaraparis Ma réponse
Merci de l’intérêt que vous portez à l’intervention que nous avons faite sur ce blog, cependant je vous demanderais de bien vouloir relire le texte en question….
Les mots ont un sens, et une signification, voir plusieurs..
Notre partie pris à nous, est une pratique avec conscience de la capoeira et non celui d’un simple amusement, nous en sommes fière car c’est le devoir de chacun d’entre nous. Et nous restons persuader que les valeurs de la capoeira ne peuvent se résumées au simple divertissement, seul des esprits réducteurs s’y prêtent.
Maintenant il est facile de se positionner sans prendre de partie, tout en le prenant… ( l ’emplois dans votre réponse du conditionnel est récurant…, cela me rappel un certain Stéphane Smith qui utilise dans ces allégories sur l’Afrique des guillemets à chaque phrase)
Question d’approche ? non tout simple par manque de courage à mon sens, cela afin d’alimenter une certaine stérilité dans le débat…
Ses antagonismes, que vous citez si bien, n’existent qu’au travers des pensées mal construites, soucieuses d’instruire de détourner, de définir , toujours sous une vision « eurocentriste » du monde (domination culturelle).
Mais je vous rassure le Négre (Homme libre et conscient) qui pratique sa capoeira, ne s’attarde pas à ce genre d’argument car il est conscient des véritables enjeux, tout en restant très vigilant et en alerte face à ce monde de détracteurs .
Et pour finir vous employer le terme de travail pour définir la relation du noir face à l’imposition esclavagiste, une notion qui ne correspond en rien à la réalité et trompeuse de surcroit dans le contexte d’aujourd’hui . faits historique à l’ appuis on à toujours refusée au négre cette notion de travail, puisque le Négre n’a jamais reçus un sou de toutes ces années de servitudes. En ces jours du 160 ème anniversaire de l’ abolition de l’esclavage sachez que chaque colon (béké en Martinique ) avaient reçus une indemnité pour la perte de chaque négre qu’il considérais comme faisant partie des « biens et meubles ». A ce jours la notion de réparation financière constitue toujours un sujet tabou, pour autant l’Afrique reste endettée …
Voila monsieur, cela restera sans doute qu’un parti pris à vos yeux, mais je vous laisse à vos notions de corps de jouissances de plaisir, car en ce qui nous concerne l’ importe c’est l’esprit (soul)…
Professor Carcara/association capoeira kolors
www.capoeirakolors.wordpress.com
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Bonjour a tous!
Une fois de plus un courier me donne envie de reagir…j essaierai de repondre au dernier courrier-reponse…
Dire que le fait de savoir si oui ou non la capoeira etait un divertissement est inverifiable releve, a mon sens du fantasme, simplement parce que l on aime a se plonger en Occident de legendes brumeuses,voire fumeuses pour satisfaire un certain sens de l exotisme.
Alors comment savoir si la capoeira etait ou non un divertissement,a une epoque qu aucun d entre nous n a connue par lui meme. Je dirai qu il suffit pour cela d interroger un mestre. Ou encore mieux interroger avec humilite et beaucoup de respect(mais cela me semble difficile vu l interrogation que ns ns posons.)un ancien qui aurait pu recevoir son enseignement d un esclave.
Je n attends pas necessairement un enieme ecrit universitaire ou scientifique sur la capoeira.Je n en garderais pas moins un oeil critique mais ma confiance sera entiere,si ce n etait pas le cas,je m interrogerais fortement sur ma pratique de la capoeira et sur sa profondeur.
Effectivement, j ai vu de tres beaux sourire ds les rodas,j imagine que quasiment tt les capoeiristes aussi. Ils sont beaux et genereux certes, mais je les trouve aussi tres coupants parfois comme une lame,on comprendra ce qu on voudra comprendre…Je ne vois pas ici ou se situe le divertissement,j ai de la joie a entrer ds une roda mais je ne souris pas pour cette raison.
A priori on ne peut pas donner de qualificatif a la capoeira…mais on peut toujours commencer a ecrire ceux qui ne definnissent pas cet art, »divertissement » en tete a mon sens.Pour reprendre votre phrase « la capoeira c est tt ca et bien plus encore… »c est surtt bien plus a mon sens: bcp plus que ce que nos consciences occidentales nous permettent d entrevoir…
J ignore si la capoeira etait un exutoire pour les esclaves mais il semble possible que cet art ait permis au corps des esclaves de se liberer des gestes alienants propre a leur condition de l epoque.
Encore une fois,de meme que nombre d arts negres, la capoeira a ete interprete comme qqchose de festif parce qu elle soulevé de l énergie positive et puissante, est interprétée faussement comme un divertissement par l Occident, au même titre que le KA par exemple.

Pour finir je tiens a dire avec force pourquoi je réagis de cette manière. On a pu voire ds l histoire contemporaine comment on a régulièrement dépossédé de leur contenu,de leur âme différents courants de la danse ou de la musique notamment parmi les arts nègres contemporains…je crois qu en cherchant a les assimiler comme un divertissement on commence par la a en pervertir le sens profond. Puis on les ressert a chaque occasion festive sans plus accorder de sens a la pratique,et ce quelle qu elle soit…voila comment on a pu voir un capoeiriste dans une publicité pour un gel douche…a qd un capoeiriste a la star ac?J ai pu connaitre l annonce par laquelle on a recrute le dit capoeiriste, il était demande un jeune homme d origine européenne de type caucasien, métis au maximum…
Je vous laisse mesurer l étendue d une telle aberration, d un contre sens évident de l histoire et de sa réécriture a des fins commerciales voire d exploitation commerciale,le dit produit étant a base de Guarana…
Voila ce qui me pousse a ne pas voir ds la Capoeira un divertissement.Je ne suis pas pour autant a proner une Capoeira sans humour ni positivite bien au contraire,sinon je n y serai plus depuis lomgtemps, mais je ne veux pas y voir un divertissement,surement pas!
Santiago

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29-04-08 :ofineth

Je suis 100% d’accord avec ce que je lis. Après dire que mon approche est scientifique, est l’est ici et maintenant pour une raison simple: ce qui se passe dans la roda n’est pas explicable, et donc forcément dès qu’on met par écrit la capoeira elle en sort réduite.
Ensuite concernant le dernier post, j’essaye justement de combattre les fantasmes historiques, dans un sens comme dans l’autre, et je ne qualifie d’ailleurs ni l’une ni l’autre des positions autour de la question de la capoeira comme fantasme historique mais comme parti pris. Selon moi personne n’a raison, ni tord en l’occurrence, dans cet article, et ici dans les réponses. Selon les moi il faut piocher dans les deux versions pour approcher une sorte de compromis.
L’histoire n’est pas linéaire, et les gens ne sont pas tous les même: sans doute certains voyaient la capoeira comme un divertissement, d’autres non, et cela dépend également des époques, et des évolutions que la capoeira a subies.
L’emploi du conditionnel est simple: je ne sais pas. Je ne m’aventure pas à donner des explications d’une chose dont je n’ai aucunement la certitude. Le conditionnel c’est aussi le moyen de montrer que je peux me tromper, et que je ne suis pas unilatéral, ni fermé quant à ma pensée.
Je critique l’idée que la capoeira soit uniquement un divertissement, mais je pense qu’il ne faut pas non plus l’enfermer dans une seule dimension. Si c’est là un point de vue ethnocentriste, il faudra m’expliquer pourquoi il est défendu par la plupart des mestres brésiliens (à qui ont peut difficilement reprocher un « eurocentrisme ») et pas des moindres, puisque je pense notamment à Mestre Moraes, dont les citations sont nombreuse à dire que la capoeira est multiple et divertissement, entre autre !
Considérer que divertissement et sérieux sont incompatibles c’est justement très européen, très cartésien (et attention, je ne vous reproche pas de considérer que divertissement et sérieux sont incompatibles !).
Les témoignages sur la capoeira avant 1900 sont assez rares et peu dispendieux pour qu’on puisse s’avancer à dire telle ou telle chose. Je tiens vraiment à dire pour conclure que je ne prend pas la capoeira à la légère, j’estime quelle est un acte politique et même philosophique héritée des cultures africaines qui l’ont construites, qui s’oppose à l’esclavage archaïque ET moderne, ce qui pour autant ne veux pas dire qu’elle ne soit pas, et qu’elle n’est pas été, et qu’elle ne soit pas un divertissement.
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Bahia bahia!

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je pense que nous avons une démarche diamétralement opposée. (malgré vos 100%)

Définir c’est s’enfermer certes, et c’est pour cela que je ne peut laisser dire que la valeur fondamentale juste après la résistance est celle du divertissement. Voila un point c’est tout.
Pour simple exemple diriez vous la même chose pour le karaté ou tout autre art martial.. franchement soyons honnête. non!
Maintenant la capoeira est multiple et diverse , mais de quoi parle t’on ? de ses multiples variantes. Puisque votre mémoires commence en 1900 je vous renvois à cette période et vous demanderais d’analyser les changements profonds qu’a subit cet art de lutte pour l’intérêt encore une fois d’une classe raciste dominante et de surcroit de couleur ….(blanche). Vous y trouverez surement des réponses et notamment celles pour lesquelles aujourd’hui on se permet de porter des définitions plus que hasardeuses voir tendancieuses.
Le passif est trop lourd, pour ce permettre autant de légèreté. Cependant vous concernant, je pense que vous n’avez pas véritablement saisi l’enjeu de ce « post » car si non vous auriez compris nos propos, sans pour autant faire dans le conditionnel.
La Capoiera est un art Négre le seul qui ai traversé toutes ces latitudes pour se livrez à nous ( poser vous donc encore une fois pourquoi) .Il est de notre devoir de le préserver un temps soit peu de toutes ces manœuvres manichéennes. Même les plus séduisantes… Nous vous avons défini le terme divertissement vous en connaissez la valeur .alors sachez que lorsque le Négre danse ou joue il ne se divertit pas il fait acte de résistance.
Un certain mestre disait:
Pour vous la Capoeira est un luxe,
Pour nous la Capoeira est une nécessite.
Enfin je ne cherche pas à vous convaincre, mais juste à montrer que la Vigilance est présente dans ce bas monde ,et que l’âme de la Capoeira reste portée par ces gens…
Cordialement
Professor Carcara association kolors
www.resisdanse.com
www.capoeirakolors.wordpress.com

—————————————————————-
Avant de commencer ces quelques lignes je voudrais dire qu’ historiquement « se divertir » est appliquer à l’action de se détourner de l’essentiel. Puis progressivement, « divertissement » a été associé à l’idée de plaisirs et plus tard de loisirs.
En ce qui me concerne, même en sortant de cette idée de loisirs, la capoeira ne détourne pas de l’essentiel. Elle est essentielle, elle rappelle à l’essentiel.
Les mots traduisent notre perception du monde, notre réalité. Mais ils façonnent aussi, inconsciemment ou non, notre manière de penser, de percevoir le monde et l’autre. Alors restons vigilant.
Vous nous dites : « (…) pour autant ça n’exclue pas qu’elle ait pu être (la capoeira) un divertissement pour oublier un peu le travail et la condition d’esclave, faire travailler son corps autrement qu’au travail, et se faire plaisir. »
Pour moi cela traduit une pensée occidentale du XXIeme siècle, pensée dans laquelle j’ai moi aussi grandi.
Croyez-vous vraiment que les esclaves aient eu besoin de faire travailler leur corps autrement ? J’ai du mal a penser qu’après 15h dans les champs à 35° les personnes mises en esclavage soient entrées dans une roda pour bouger leur corps autrement….
Je crois que lorsqu’on lutte au quotidien pour survivre, pour manger, quant on grandi sans savoir de quoi demain sera fait (je ne parle pas de chômages ou non mais de coups, de torture, de travail comme esclave…) on n’est pas dans le « plaisir » divertissement (« pour oublier un peu le travail et la condition d’esclave ») mais dans la « plaisir » nécessite pour trouver l’énergie de continuer sa lutte pour survivre, pour trouver le sens de ce combat au quotidien dans la souffrance, pour s’approcher de l’essentiel et non s’en détourner.
Alors oui aujourd’hui encore dans les rodas on trouve sourire, joie, partage…. mais pour le Capoeiriste c’est une nécessite, un moyen d’aller trouver l’essentiel et la force de lutter. Pour d’autre ce sourire, cette joie… sont juste un divertissement, un moyen « d’oublier » son quotidien mais ce n’est pas une nécessité….
C’est aujourd’hui et ici que l’on peut se permettre de penser que la capoeira permet « d’oublier son quotidien ». Oublier son quotidien est « un luxe ». Il y a des quotidiens qui ne s’oublient pas, qui ne peuvent s’oublier car il marque votre chair, votre être. Je ne dis pas qu’il faut vivre cela pour être capoeiriste mais en avoir conscience me semble nécessaire.
mélanie de la kolors

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~ par capoeira paris kolors sur avril 25, 2008.

2 Réponses to “Envie de discuter, coup de gueule blabla on est là!!!”

  1. http://vuesdumonde.forumactif.com/esclavage-slavery-f3/commemorations-nationales-l-exemple-du-10-mai-t8012.htm

  2. juste dire que j’aime beaucoup ce
    « retourne à l’école » en forme de cuillère à glace
    le coeur bat plus fort dès que résisdanse se profile
    on dirait un lever de soleil
    merci pour toutes ces émotions!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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